Apres quelques mois de voyage, j'ai appris (souvent a mes depens) a me proteger des charlatans et a apprivoiser quelques regles elementaires afin de transformer ce qui pourrait devenir un calvaire en un souvenir immemorable. Je les ai concentre en "cinq regles d'or du voyageur".
La premiere regle d'or : "Ne croyez jamais ce que vous dit un taximan!"
Le taximan, espece parasite en voie de proliferation, a une aptitude particuliere pour inventer des tas de variantes avec force et detail pour vous convaincre de la veracite de son mensonge. Ne le croyez pas quand il vous dit qu'il n'y a plus de place dans tel hotel, verifiez par vous-meme. Ne le laissez pas choisir l'hotel pour vous, certainement obtiendra-t-il une comission pour vous amener la ou c'est cher. Fuyez comme la peste celui qui stationne devant la gare, l'aeroport, l'hotel voire sur le quai devant la porte d'ou vous tentez de sortir du train. Dans ces cas specifiques, il s'organise souvent en meute et il y chasse sa proie preferee : le touriste egare, fatigue ou malade. Inutile de parlementer, vous n'aurez aucune chance. Fuyez! Fuyer 100 m (le taximan est corriace mais ne se deplace qu'a l'aide de son appendice metallique) et arretez n'importe quelle voiture en levant le bras. C'est comme de l'autostop, mais c'est payant (et oui tout se paye dans ce monde macro-economique). Meme s'ils sont 15 a vous dire qu'il n'y a pas (ou plus) de bus pour la destination que vous souhaitez, demandez a un chauffeur de bus, ou mieux, a un passager (ne cherchez pas les guichets dans une gare de bus; s'il y en a, ils ne renseignent pas les bus prives et c'est souvent moins cher de payer sa place au chauffeur).
Deuxieme regle d'or : "Sachez combien ca coute, a l'avance!"
Au marche, a la gare ou au restaurant, il est imperatif de connaitre le prix que payent les autochtones (vous n'obtiendrez pas ce prix la, mais c'est une bonne base) pour les souvenirs, mais aussi pour les fruits et legumes, les cigarettes, ... Verifiez toujours la note (les erreurs sont plethore, soit parce qu'ils ne savent pas compter, soit deliberement, soit les deux a la fois) et comptez bien la monnaie. Au resto, n'oubliez que le service n'est pas compris dans les prix (et peut s'elever a 15%!). En Russie, toutes les pages du menu sont signees et cachetees par le gerant pour s'assurer que le personnel n'edite pas son propre menu (avec sa surcommission). En Ouzbekistan, il est parfois plus judicieux de choisir le menu en russe moins cher que celui en anglais. Toujours en Ouzbekistan, quand on change 100$ au marche noir (cours officiel 1$=1500soum, au marche 1$=2000soum) on recoit 200.000 soum en billet de mille (la plus grosse coupure!), comptez bien meme si ca vous prend 10min parce que vous n'avez pas encore assimile la methode ouzbeke. Dans le pire des cas, si jamais vous etes contraint de coaliser avec un taximan pour une longue distance (Parce que, apres multiples recoupement d'information, il s'avere qu'effectivement il n'y a pas de bus, par exemple.) Renseignez-vous auparavant (a un passant, a un passager, voire a la reception de l'hostel si vous lui faites confiance) et soyez pres a passer quelques temps pour negocier votre tarif chez le plus de chauffeurs possible, voire, encore mieux, demandez a un local de vos amis de le faire pour vous. Pour un taxi en ville, ouvrez la porte dites votre destination, le prix que l'on vous aura renseigne a l'avance et tentez de passer pour un local, une fois convenu asseyez-vous a l'avant et sympathisez.
Troisieme regle d'or : "La corruption est un ultime recours!"
Perso, j'ai pas encore essaye. Un flic, c'est comme un chien de garde : au moins tu lui porte d'attention, au moins il t'en prete. Ne le regardez pas, ne le fuiyez pas non plus. Et s'il vous interpelle, proceder a la quatrieme regle d'or et obtenterez. Malheureusement pour moi, je parle russe ce qui m'oblige a repondre aux myryades de questions, mais de toute facon j'ai tout mon temps et ca les distrait un peut de pouvoir dialoguer avec un touriste (c'est rarement possible pour eux). Si vraiment vous voulez gagner du temps, un petit billet fera l'affaire, mais c'est nettement moins fun que de passer 40min a expliquer que vous n'y etes pour rien si, au consulat, ils se sont tromper dans les dates. En ce qui concerne les flics de la route, c'est different : on peut rouler sans papier, sans permis, sans ceinture, avec un telephone en main, ou avec trente passagers dans sa 2CV, c'est la meme chose pour tout le monde (autochtone ou pas) quand un flic vous arrete, donnez-lui un bifton et repartez gentillement (Quoique en Russie, ils verifient quand meme les papiers et c'est courant de partir sans rien debourser mais en perdant son temps).
Quatrieme regle d'or : "Ne soyez pas paranoiaque, et sympathisez!"
Un "Zdrastvouytye" ou un "Salam Aleykoum" (ou l'une des multiples autres variantes de ce dernier) accompagne d'une poignee de main a la methode locale, d'emblee et spontanement, vous evitera tout embetement. Avec la police, les bourres dans les rues sombres le soir, les clochards et meme parfois les taximen. Souriez, mais uniquement aux gens que vous saluez ou aux enfants, faute de quoi vous vous attirerez plus d'animosites qu'autre chose (genre: "Pourquoi tu me regarde? Qu'est-ce qui te fait rire? Tu te fous de ma gueule, ou quoi?). La poignee de mains peut s'accompagne de la main gauche portee sur le coeur (Ouzbeks), sur le poignet (Kazakhs), le coude ou l'epaule de votre protagoniste (Kyrgyzes), d'un touche de tete front contre front (Karakalpaks), ou autre. Aprenez, repetez et n'hesitez pas a saluer tout le monde autour de vous, meme ceux qui ne se bougent pas. On ne sait pas, a priori, qui deviendra son ami mais certainement pas ceux qu'on ne salue pas.
Cinquieme regle d'or : "Buvez, mais sachez ou, quand, combien et avec qui!"
Acceptez le premier shot sans trop de reticences, pour ne pas offenser. Si vous voulez rester sobre, pretexter que vous ne buvez pas du tout d'alcool; du style : "j'etais alcoolique et j'ai arrete" ou "je suis musulman" ou "j'ai connu un/des alcoolique(s) et je ne veux pas finir comme eux", cette derniere est ma preferee parce qu'elle retourne son effet sur celui qui vous propose de boire et, parfois, il s'interroge sur son etat. Si c'est chez votre hote, soyez tranquille, il prendra soin de vous et s'assurera que vous aller bien. Soyez attentifs de ne pas boire trop vite (c'est le point le plus delicat), les effets de la vodka sont a retardements. Les bourres dans la rue a 10h du mat' n'ont pas besoin qu'on partage un n-ieme 50 ou 100g (ici la vodka se compte en grammes 5cl=50g). Si c'est dans la rue, assurez-vous de la sobriete prealable de vos camarades de boisson et une bouteille suffira pour plusieurs convives. Evitez le matin et l'apres-midi, sauf si vous n'avez rien a faire d'autre que de vous prelasser au soleil (ou a l'ombre, c'est mieux) de toute la journee. Tentez quand meme de ne pas vous endormir par terre au bord de la route ou adosser a une poubelle, comme ca arrive frequemment a travers toute l'ex-URSS. Ne buvez jamais seul, et servez d'abord vos convives si vous prenez l'initiative de boire. Ne posez jamais une bouteille vide sur la table (mettez la par terre si vous ne pouvez deja plus vous lever). Le troisieme coup est dedie a l'amour. Ne dites pas Nasdarovye, ca ne se dit pas! Trinquez "pour qqch", par exemple pour l'amitie, pour notre rencontre, pour la sante (za zdarovye), ou encore pour la liberte d'expression (evitez celle-ci quand vous trinquez avec un des "presidents a vie" present dans chaque republique)
Voila. Si vous avez des questions, n'hesitez pas!
A bon entendeur, Bon voyage!
Votre devoue ЖеКа.
PS: Merci Philippe pour tes commentaires, toujours bienvenus dans le cas present ;-) Non je ne suis pas frileux sinon je traverserais les Indes ou me dirigerais vers les tropiques. Mais mon petit plat pays fini quand meme par me manquer un peu. Quant aux autres, n'hesitez pas : ca me fait toujours sourire de lire vos commentaires et j'adore sourire!